Après le grand succès inattendu du film Libanais « Caramel » de Nadine Labaki qui a conquis le public cinéphile Français lors du 60ème festival de Cannes ; cette année, le Liban est de nouveau à
l’affiche.
« Je veux voir », un documentaire de deux jeunes réalisateurs libanais, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, fait partie de la sélection officielle du Festival de cannes pour cette année 2008 sous
le volet « un certain regard », où une vingtaine de films de tous les horizons et de tous les styles, œuvres « originales et différentes » accèdent à une reconnaissance internationale.
Pour présenter leur documentaire, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige racontent le contexte de leur œuvre : « Nous ne savons plus quoi écrire, quelles histoires raconter, quelles images montrer.
Nous nous demandons : « Que peut le cinéma ? » Cette question, nous décidons de la poser vraiment. Nous partons à Beyrouth avec une " icône ", une comédienne qui représente pour nous le cinéma,
Catherine Deneuve. Elle va rencontrer notre acteur fétiche, Rabih Mroué. Ensemble, ils parcourent les régions touchées par le conflit. A travers leurs présences, leur rencontre, nous espérons
retrouver une beauté que nos yeux ne parviennent plus à voir ».
Le sujet de ce documentaire tourne autour de la guerre du Liban de l’été 2006. Au même moment, un autre film libanais est déjà dans les salles françaises (hors sélection de Cannes) qui s’intitule «
Sous les bombes » du réalisateur Philippe Aractingi, qui aussi traite le sujet de La guerre.
Mon sentiment reste divisé. D’un coté je sens une fierté de voir des œuvres de nouveaux cinéastes libanais dans la sphère culturelle occidentale ; mais de l’autre coté, je trouve qu’à force de
traiter les sujets de guerre en parlant du Liban, L’image de ce pays ne cesse de se noyer dans une vague dévalorisante au détriment de la sur-médiatisation du rayonnement culturel des Emirats
Arabes.
Il ne s’agit certainement pas de nier l’actualité ; mais le cinéma demeure un vecteur essentiel dans la communication, et je trouve désolant de ne pas véhiculer d’autres aspects de ce pays qui font
aussi partie de l’actualité. J’aurai tellement voulu voir un documentaire sur les découvertes archéologiques surprenantes dans le centre ville de Beyrouth, ou la scène artistique contemporaine «
underground » qui prend une ampleur croissante et une dimension très curieuse, ou encore un documentaire qui montre à quel point le marché de la publicité et de la communication au Moyen-Orient
repose sur les agences libanaise et le rayonnement de ses créateurs... ceci dit, mon pays est représenté dans la sélection officielle à Cannes et mon devoir est de le soutenir avec joie et
fierté.
Ce documentaire, ou « semi-fiction » selon les termes de Catherine Deneuve, sera en concurrence avec 19 autres longs-métrages. A l’issue de la compétition, le jury, présidé par Sean Penn,
récompensera un des films présentés dans le cadre de cette sélection en lui remettant une aide à la distribution en France. En attendant de voir le film dans les salles parisiennes, nous lui
souhaitons Bonne Chance!
Derniers Commentaires