Histoire du Liban
contemporain (1943-1990)
Par Denise Ammoun
Une histoire de conflits. Le Liban tire son nom du Mont Liban et le pays du Cèdre est aussi appelé la Terre du lait et du miel dans la Bible. Les richesses naturelles du Liban, ses ports
abrités et ses hauts sommets ont de tous temps attirés les conquérants. L'histoire du pays correspond pendant des siècles à une longue succession d'invasions et de pillages. Depuis le XVIème siècle
et l’avènement de l’Empire Ottoman, les troubles civils déchirent le pays. Pourtant, le Liban politique et moral existe dès l’empire Ottoman avec l’émir druze Fakhreddine II et plus tard Bachir II.
A l’époque, la mosaïque libanaise est déjà formée par les druzes, les maronites, les orthodoxes, les grecs, les sunnites, puis au début du XXème siècle, elle sera complétée par les Arméniens et les
Kurdes qui fuient l’oppression turque. De la Phénicie au Liban contemporain, en passant par l’arrivée de l’Islam au VIIème siècle, le mandat français entre 1920 et 1943, et la guerre civile entre
1975 et 1990, l’histoire du Liban est révélatrice des déchirements de la mosaïque des dix sept confessions qui forment le pays. A son indépendance en 1943, un pacte national garantit la répartition
des pouvoirs entre chrétiens maronites et musulmans, réservant notamment la fonction de président à un maronite. Un pacte qui serra souvent amendé au gré de l’histoire du pays afin de maintenir
l’unité politique et d’apaiser les tensions communautaires.
La question palestinienne. La désintégration de l’État libanais à travers plus de 15 ans de guerre montre que le pays du Cèdre est la victime des préoccupations des autres grandes
puissances. En effet, dès 1948, le Liban se retrouve l’otage du conflit israélo-palestinien avec un afflux croissant de réfugiés palestiniens. Toutes les communautés libanaises ne voient pas cet
afflux d’un bon œil. En 1958, des marines américains débarquent à Beyrouth pour mettre fin à une insurrection contre le président Camille Chamoun. En 1969, les accords du Caire donnent une
quasi-autonomie d’action aux forces palestiniennes sur le territoire libanais. Dans les années 70, le nombre de réfugiés palestiniens augmente, pour arriver à 500 000. Sur un pays de 3 millions
d’habitants, l’afflux d’étrangers a contribué à déstabiliser le régime. En plus des réfugiés, ce sont bientôt des combattants palestiniens que le sud du pays accueille. De là, ils organisent leurs
attaques contre Israël. Les affrontements entre l’armée libanaise et ces commandos palestiniens se multiplient, jusqu’au déclenchement de la guerre en avril 1975 après des attaques entre chrétiens
et palestiniens. La guerre durera jusqu’à l’arrivée des Syriens en 1990 et à l’accord de Taëf qui revient sur l’organisation des pouvoirs entre communautés. Une guerre qui aura fait 150 000 morts
et des milliers d’exilés de part le monde.
La domination syrienne. Si la Syrie joue un rôle dès la fin de l’empire Ottoman au XIXème siècle et la création de la Ligue arabe en 1944, c’est dans l’histoire récente que se sont
manifestées les plus grosses tensions. L’armée syrienne intervient pendant la guerre du Liban dès 1976, mais elle restera à la fin de la guerre et encadrera même l’administration libanaise jusqu’à
l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, le 14 février 2005. Cet assassinat déclenche "la révolution du Cèdre", où la rue libanaise dénonce cette domination syrienne et provoque la
démission du Premier ministre pro-syrien Kamaré. Sommée par la communauté internationale, la Syrie se retire du Liban en avril 2005. Dans la foulée, des élections législatives sont organisées.
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